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mercredi 22 janvier 2014

140105 Frayeurs routières (Hsipaw - Pyin Oo Lwin - Mandalay)

En bonus, les photos géolocalisées ainsi que le parcours effectué en cliquant sur la carte ci-dessous...
   

Petit déjeuner dans la brume avant le départ en taxi pour Mandalay, avec quelques haltes prévues en cours de route. Comme le chauffeur prévu ne se montre pas, c'est le propriétaire de l'hôtel lui-même qui nous emmène dans son minibus.




Comme hier, il ne faut pas longtemps pour que le brouillard soit chassé par le soleil, sauf dans certaines combes où il s'incruste un peu plus et rend la chaussée humide et glissante. C'est notamment le cas dans la vallée étroite et encaissée qu'enjambe le fameux pont ferroviaire Gokteik, au fond de laquelle la route descend en une multitudes de virages avant de remonter de l'autre côté. Après avoir laissé passer un nombre impressionnant de camions chargés à bloc faisant le trajet inverse, nous commençons la montée en lacets lorsque le chauffeur, distrait un instant, doit soudainement corriger sa trajectoire d'un brusque coup de volant qui lui fait perdre la maîtrise du véhicule. Le minibus glisse tout d'abord vers le bord de la route côté montagne avant de revenir de l'autre côté de la chaussée côté "précipice", et de s'immobiliser. Heureusement que l'on ne roule jamais très vite sur les routes birmanes, car nous nous sommes vraiment fait une belle peur! Le chauffeur se répand en excuses un nombre incalculable de fois, jurant que c'est la première fois qu'une telle mésaventure lui arrive!



Remis de nos émotions et retrouvant définitivement le soleil, nous faisons une première halte près d'une pagode située au milieu de nulle part et dont l'histoire est fort jolie. En 1997, le Bouddha de 17 tonnes qu'elle abrite est tombé à cet endroit d'un camion à destination de la Chine. L'on tenta de le remettre en place, mais en vain, si bien qu'il fut décrété que le Bouddha avait purement et simplement "décidé de rester au Myanmar". Des grues furent amenées pour le déplacer au sommet de la colline et la pagode fut construite pour l'accueillir!





A proximité se trouvent les chutes de Pwe Kauk, ensemble de petits bassins successifs dans un cadre forestier faisant la joie des promeneurs du dimanche.

Nous faisons une pause plus longue à Pyin Oo Lwin (ou Maymyo), station d'altitude fondée en 1896 par les Britanniques, désireux d'échapper à la chaleur estivale de Mandalay. De nombreux bâtiments coloniaux subsistent encore. Après avoir pris un repas dans un agréable restaurant, le Feel café, tout proche de l'entrée du golf, nous passons un moment dans les National Kandawgyi Gardens, superbe jardin botanique créé en 1915 et très bien entretenu. Le cadre superbe est agrémenté de petits ponts traversant le lac central et de parterres fleuris. En plus, l'altitude fait que l'atmosphère y est particulièrement agréable, sans excès de chaleur.




La note est agréablement basse, 10'500k pour 3 repas avec très bons cafés, offert par notre chauffeur du jour. Faut dire que le trajet en taxi est salé 160$ pour 180km avec arrêt et visites des différents sites en route, contre 4$ pour le trajet aller en train, certes, pas la même chose.
  








Chez nous, il est déconseillé de donner du pain aux canards et cygnes, ici, ils en vendent pour que les gens le jettent aux canards...



Comme dernière excursion avant de rejoindre Mandalay, nous souhaitons nous arrêter à la cascade de Dat Taw Gyaik. On peut l'apercevoir facilement depuis la plate-forme d'observation située dans l'enceinte d'un luxueux hôtel. Mais on ne nous laisse malheureusement pas entrer. Après avoir tâtonné un petit peu, notre chauffeur trouve un autre point d'observation près d'un petit stupa. La cascade est alors visible, mais d'assez loin et elle n'est pas encore éclairée par le soleil, avec l'omniprésence de fumée, la photo prise à distance ne donne pas grand chose.



La fin du trajet semble interminable. Nous restons un bon moment scotchés derrière une file incroyablement longue de camionnettes bondées de voyageurs avec leurs affaires, descendants la route sinueuse vers la plaine. Nous les dépassons une par une, dans un nuage de poussière et de gaz d'échappements; l'air semble irrespirable au-dehors. Soudainement, tous ces véhicules bifurquent dans la même direction, indiquée par un mystérieux panneau mentionnant un "institut national pour le service civil"... Un objet indispensable au Myanmar ne semble jamais manquer sur tous ces véhicules, le klaxon, mais quand il est utilisé à outrance, il y a de quoi espérer qu'il tombe en panne, quelle délivrance pour les oreilles l'arrivée à destination!



Enfin nous retrouvons Mandalay. Nous logeons dans un autre hôtel, le long de la rivière Ayeyawady, afin d'être plus près de la jetée pour la croisière de demain. Une très belle terrasse sur le toit nous accueille pour un petit apéritif au coucher du soleil, suivi d'un bon repas avec vue sur la ville illuminée. Un bon réseau internet nous permet temporairement de voir nos mails, mais rapidement saturé, nous n'arriverons plus à nous connecter.




samedi 11 janvier 2014

140103 Merveilles ferroviaires (En train de Mandalay à Hsipaw)


Réveil indécemment tôt, car notre train est supposé partir à 4h du matin pour un long périple d'environ 10 heures. Notre lunchbox sous le bras, nous rejoignons la gare de Mandalay et sommes aiguillés vers le bon quai par notre chauffeur de taxi. Vu le réveil tôt, aussi pour le chauffeur, il en profite pour nous demander le double du prix habituel, pas envie de négocier, il a été très efficace et sympa hier.



Il ne faut pas longtemps pour que notre train n'entre lentement en gare. Nos places sont réservées, mais une fois que le convoi est arrêté, c'est un peu la foire d'empoigne : les gens entrent aussi bien par les portes que par les fenêtres, et emmènent avec eux des quantités inouïes de marchandises, cabas, sacs de riz, corbeilles de tomates et bien d'autres encore. Résultat : le wagon dépasse largement le stade où le mot "bondé" est encore approprié! Les gens sont assis dans le couloir central, plus ou moins les uns sur les autres, ou sur les sacs et affaires disséminés un peu partout. En ce qui nous concerne, nous sommes installés en face d'une jeune fille et d'une vieille dame qui doit transporter la moitié de sa maison avec elle. Nous avons tout juste assez de place pour que nos pieds touchent le sol, mais tout mouvement supplémentaire semble compromis. Nous redoutons une journée interminable et particulièrement inconfortable... Le contrôleur lui-même semble surpris de nous voir en classe ordinaire!


Mis à part un couple d'occidentaux, nous sommes les seuls touristes dans ce wagon. Vers 4h30, soit avec une petite demi-heure de retard, le train démarre fort jusqu'à 40 km/h mais atteint très vite sa vitesse de croisière, qui doit plafonner à 20 km/h! La distance qui nous sépare de Hsipaw n'est que de 206 kilomètres, mais dans ces conditions, cela semble le bout du monde.


Les arrêts sont nombreux, et de nombreux vendeurs de nourritures en profitent pour proposer diverses victuailles aux passagers.




Alors que le jour arrive tout doucement, nous entamons une lente montée en zigzags vers les hauts plateaux. La locomotive tire et pousse alternativement le convoi à chaque changement de sens. De cette façon, nous atteignons rapidement une certaine altitude.
Première halte d'une certaine importance à Pyin Oo Lwin, station d'altitude fondée à la fin du 19ème siècle par les Britanniques qui désiraient fuir la chaleur estivale de Mandalay. Des wagons sont ajoutés à notre convoi, et un certain nombre de touristes attendent pour embarquer (en classe supérieure, bien évidemment).




Nous arrivons à nous installer un peu plus confortablement en attachant l'un de nos sacs sous le porte-bagages. Et nous sommes également équipés d'un accessoire qui va considérablement augmenter notre confort : de petits coussins gonflables qui amenuisent la dureté des bancs en bois et des suspension du train qui partent souvent en butée basse, impressionnant!


Étrangement, le temps passe plutôt rapidement et calvaire redouté n'a pas lieu. Bien au contraire, une vraie tranche de vie birmane qui s'offre à nous dans ce compartiment. Les gens discutent, mangent, fument, s'échangent les places. C'est particulièrement vivant, et en fort contraste avec le wagon suivant, où les touristes sont à moitié endormis avachis dans leurs sièges en tissu. Nous sommes donc finalement ravis d'avoir dû prendre des billets en classe ordinaire. Et le meilleur est à venir : les gens se sont laissés photographier avec plus ou moins d'enthousiasme, mais ils sont tout étonnés lorsque nous sortons l'imprimante pour leur remettre leur portrait version papier! Cela en pousse même d'autres à demander d'être pris en photo dont une famille pour recevoir à leur tour un cliché. Un superbe moment de partage et de magnifiques échanges de sourires et franches rigolades lorsqu'ils se passent les photos! 


Nous sympathisons également avec les deux autres touristes, des Allemands qui voyagent en Asie pendant environ 14 mois.



L'un des points forts du trajet est le franchissement du pont de Gokteik. Construit par les Britanniques en 1901, il demeure le plus long pont du Myanmar. Rénové dans les années 90, il doit tout de même être traversé à faible vitesse et, selon le guide de voyage, fait malgré tout entendre de sinistres craquements lorsque le train passe. Nous n'avons rien entendu, mais le passage au dessus d'un profond canyon était assez impressionnant! Avec même la possibilité de quelques photos depuis la locomotive, ce qui n'est normalement pas permis sur un ouvrage "stratégique". Un beau moment que d'avoir eu ce privilège.




Peu après, nous croisons le train qui fait le trajet en direction de Mandalay. Les pauvres voyageurs ont dû pas mal attendre, car notre train a déjà une heure de retard sur l'horaire normal, semble-t-il.


Au fur et à mesure, des passagers descendent et ne sont pas remplacés par d'autres, ce qui fait que la place disponible augmente peu à peu. Grâce à nos coussins, nous ne sommes pas démolis par l'inconfort des sièges, ni par les cahots incessants du train, qui va bien souvent à la limite des suspensions! Il faut même parfois surveiller nos valises afin qu'elles ne tombent pas sur d'autres passagers en raison des mouvements du train. La jeune fille qui nous faisait face au début et qui a changé de place en cours de trajet a même reçu sur la tête un énorme sac qui a été brusquement projeté hors du porte-bagages.


La classe supérieure, "upper class" où la proportion touristes-locaux s'inverse. Ils ont l'air de s'ennuyer un peu, alors que nous passons un moment formidable! A chaque arrêt, ils sortent de leur wagon mitrailler les vendeurs et passagers locaux par la fenêtre, une scène un peu ridicule.


Notre wagon s'est bien libéré, au départ de Mandalay, il n'était plus possible d'ouvrir les portes à cette extrémité du wagon.


Nous arrivons finalement en gare de Hsipaw à 16h, soit après un voyage qui aura duré 11h30! Et pourtant, cela n'a pas semblé long du tout. Ce fut une expérience véritablement magique qui nous aura permis de vivre avec des locaux pendant une demi-journée. La distribution des photos était un autre grand moment. Grâce à cela, certains passagers voulaient nous offrir à boire pendant les arrêts en gare, et l'un d'eux nous a même acheté de succulents gâteaux sucrés chinois pour nous remercier d'avoir immortalisé sa famille.


C'est presque à regret que quittons ces gens. Mais une bonne douche et un lit confortable sont tout de même une perspective assez alléchante. Un tricycle nous emmène à notre hôtel après un long trajet pour une si petite ville. Il faut dire que l'établissement est situé tout près du centre, mais de l'autre côté du fleuve, ce qui impose un long détour pour traverser le seul pont. Heureusement à l'hôtel, un service de barques est disponible jusqu'à la tombée de la nuit.


Hôtel quasiment neuf, d'ailleurs certaines parties ne sont pas terminées. Chambres charmantes et bien équipées, mais une certaine fraîcheur et humidité. Il faut dire que nous sommes en altitude, et près d'un fleuve. Tout de même, nous sommes un peu étonnés que le restaurant soit une terrasse couverte, mais ouverte sur les côtés, nous obligeant à manger en étant chaudement habillés!