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dimanche 26 janvier 2014

140111 Sur le lac Inlé

Les deux GPS loggeur se sont mis en arrêts de travail, pas de parcours pour aujourd'hui Soit!

Comme nous nous y attendions, la brume est compacte au lever du jour. La température est froide, mais il ne neige évidemment pas! Après un succulent petit déjeuner (inoubliables petits pains et scones maison), nous embarquons sur une pirogue emmenée par un pilote et son aide. La nébulosité sur le canal et le grand nombre d'embarcations donnent un petit air de Venise exotique à cette partie de la ville.





Le canal sort de la ville et continue sur plusieurs kilomètres, entouré de roseaux de part et d'autre. Il est un peu plus de 7h, le soleil vient de se lever et illumine parfaitement la brume matinale. Nous en profitons d'autant plus que nous n'avons pas oublié de nous équiper en habits chauds: veste, bonnet et gants sont fort utiles, même si nous avons également une couverture à notre disposition.



Nous débouchons finalement sur le lac, vaste étendue bordée de nombreux villages. De nombreux îlots de végétation flottent ça et là, on pourrait effectivement se croire sur un marécage. Notre pilote ralentit pour nous laisser admirer la dextérité des pêcheurs, qui manient leur embarcation d'une seule jambe, une technique unique au monde et particulièrement élégante. Bien sûr, l'arrêt est pour eux l'occasion d'obtenir un petit pourboire. 



Autour du lac se tient chaque jour (sauf à la pleine lune) un marché qui change de village tous les cinq jours. Aujourd'hui, le marché se trouve dans un village assez éloigné, Thaung Tho, ce qui garantit une fréquentation touristique un peu moindre. Pour le rejoindre, nous traversons une grande partie du lac, puis des marécages peu profonds où notre embarcation doit se faufiler entre les zones de roseaux. Très joli circuit!




Le marché présente surtout des stands de bois et de nourritures pour les locaux, et les inévitables étals de souvenirs pour les touristes. Nous y passons néanmoins un bon moment, entre photos et impressions papier, petits achats et découverte de spécialités culinaires (galettes frites). 









Nous escaladons ensuite la colline surplombant le village pour visiter la pagode entourée de nombreux stupas. Vu depuis cette hauteur, il est difficile de croire que nous sommes venus en bateau: on ne voit quasiment pas d'eau devant le port, les petits canaux disparaissent complètement derrière la végétation lacustre, et toute la zone ressemble en fait à une immense prairie!





Nous repartons et traversons de pittoresques villages d'habitations sur pilotis. Notre pilote est excellent et s'adapte parfaitement à nos désirs, ralentissant pour nous laisser prendre des photos. A l'arrêt suivant, nous pénétrons dans une fabrique de tissus en lotus et en soie. Très intéressante, la visite nous permet de découvrir chaque étape du tissage, de l'extraction des fils de lotus aux complexes métiers à tisser. Les travailleuses, plutôt âgées, sont très heureuses de recevoir leur portrait en photo et rient en se les échangeant!




Plus loin, nous assistons à la fabrication des cheerots, ces cigares locaux remplis d'herbes, de miel et d'une multitude d'autres ingrédients, mais peu de tabac. Les travailleuses sont cette fois bien plus jeunes, et tout aussi contentes de recevoir une photo. Leur efficacité est admirable : moins de 30 secondes pour fabriquer un cigare avec des gestes parfaitement rodés! 


Passage à l'intérieur d'une grande pagode où sont vénérées cinq statuettes dont la forme originelle a complètement disparu sous les couches de feuilles d'or déposées par les fidèles!



Comme nous avons pris un fastueux petit déjeuner, nous ne ressentons pas le besoin de prendre un lunch dans l'un des nombreux restaurants sur pilotis qui jalonnent notre parcours et pouvons continuer à découvrir la région. Nous passons notamment dans un atelier de fabrication d'objets et bijoux en argent et pierres précieuses. Grande habileté des travailleurs, qui réalisent de fort jolies pièces.

Nous refusons en revanche d'aller voir les femmes girafes, de l'ethnie padaung, dont le cou est entouré de cercles de cuivres. Traditionnellement utilisée pour les rendre moins belles aux yeux des communautés voisines, cette méthode qui déforme la clavicule et les côtes supérieures de ces femmes (au point que beaucoup ne peuvent plus supporter le poids de leur tête sans cet attirail métallique) est aujourd'hui utilisée à des fins purement touristiques. Les femmes padaung sont ainsi emmenées jusqu'en Thaïlande pour le bonheur des touristes, les transformant en animaux de foire. Nous ne souhaitons pas cautionner ce genre de dérive…

Etonnante est en revanche le passage à proximité des jardins flottants, des treillis en bois soutenus par un parterre de végétation où poussent fleurs et légumes (surtout des tomates). Nous avons même la chance de débarquer: on s'enfonce un peu dans l'eau, mais cela flotte!





Enfin, nous terminons par la vista du "monastère des chats sauteurs". Aussi surprenant que cela puisse paraître, des moines ont réussi à dresser des félins et les font sauter à l'intérieur d'un petit cercle! Nous n'assistons pas au spectacle (cela reste des chats, il ne faut tout de même pas trop leur en demander), mais voyons les "stars" et leur progéniture qui attendrissent tous les touristes. La visite vaut tout de même le détour, car le monastère en teck contient une très belle collection de bouddhas antiques.





Après une journée si bien remplie, nous filons sur les eaux limpides du lac vers Nyaungshwe dans la belle lumière de la fin d'après-midi. De retour à l'hôtel, nous profitons d'un bon massage birman dans notre bungalow (quoique légèrement terni au début à cause de notre chauffage qui a décidé de rendre l'âme au même moment, heureusement rapidement remplacé par un autre), puis d'un toujours succulent repas au restaurant, dans une ambiance à nouveau très fraîche. Pour nous réchauffer un peu, nous passons ensuite un long moment au bar, au coin d'un bon feu de cheminée (et en compagnie d'une petite souris qui se faufile entre les réserves de bois!).


mercredi 22 janvier 2014

140104 Douceurs montagnardes et cascade de Nan Tok (trek autour de Hispaw)

En bonus, les photos géolocalisées ainsi que le parcours effectué en cliquant sur la carte ci-dessous...
   

Comme nous sommes en altitude et sur la rive d'un fleuve, nous nous réveillons dans un décor rappelant certaines journées d'un hiver suisse : fort brouillard, impossible même de distinguer la rive opposée du cours d'eau! Les chaises de la salle à manger, en plein air, sous recouverte de rosée et nous n'avons pas trop d'un bon pull, d'une écharpe et d'une veste pour prendre notre petit déjeuner sans trop frissonner. Même le bonnet est le bienvenu!


Ici en revanche, le soleil réchauffe assez vite l'atmosphère et a vite fait de chasser toute nébulosité. La température de l'air devient alors très agréable, idéale pour une promenade dans la nature environnante. Notre hôtel nous fournit un guide (en fait le réceptionniste de l'établissement, qui du coup va rater une partie de l'enseignement d'anglais et de management de la clientèle dispensé par un professeur néerlandais). Sa tâche sera de nous emmener jusqu'à une chute d'eau en passant à travers de petits villages.



Nous commençons par traverser le fleuve en barque, puis déambulons à travers la ville pour nous retrouver rapidement dans les champs alentours. On y cultive notamment la pastèque, dont les jeunes plants sont recouverts de plastique pour conserver l'humidité.



Rien de tel qu'un bon bol de nouilles au petit déjeuner sur la terrasse en face de sa maison pour cette vieille dame souriante et les bains communs juste à côté du cimetière ci-dessous.


Nous escaladons ensuite une petite colline, dont un versant est occupé par des cimetières (birman et chinois, bien séparés l'un de l'autre avec une orientation des tombes face à la ville), l'autre par une décharge fumante et néanmoins habitée par quelques personnes.


En redescendant l'autre versant, nous apercevons déjà la cascade de Nan Tok au loin. Avant d'y arriver, il nous reste quelques champs à traverser, où les villageois de Khar Lane, un village Shan,  prennent soin de leurs plantations en les arrosant consciencieusement.



Près de leurs habitations, des épis de maïs, future nourriture des poulets, sèchent au soleil. Un peu plus loin, une jolie surprise : une petite fabrique artisanale de sucre de canne. Le processus est bien réglé : les tiges sont d'abord pressées pour en extraire le jus. Le reste de la plante une fois séchée servira à alimenter le feu qui réchauffe le liquide et le fait parvenir à ébullition. Il y a cinq récipients dans lesquels le jus de canne est transféré successivement, devenant à chaque fois plus épais. Les deux derniers sont agités de gros bouillons, un peu comme lorsque l'on fait de la confiture. Enfin, le contenu du dernier récipient est versé dans une grande vasque posée dans de l'eau fraîche, mélangé jusqu'à lui donner l'aspect d'un caramel pâteux. Celui-ci est ensuite étalé sur une longue planche et sèche en plein air. Les personnes qui s'en occupent nous font volontiers goûter le résultat : très bon et très doux. Notre guide en achète ensuite trois paquets, il nous confie que cela lui fera une réserve de douceur pour une semaine! Nous en achetons également trois paquets (1000 kyats, l'équivalent de 1 dollar), qui depuis parfument agréablement nos valises…





Encore quelques minutes de marche et nous entamons une petite grimpette qui nous mène jusqu'à la cascade de Nan Tok, partiellement abritée dans un écrin de verdure. Au pied de la chute, un joli bassin qui inviterait à la baignade si l'eau n'était pas si glacée! Nous nous rafraîchissons juste les pieds…


Au retour, nouvelle halte à la fabrique de sucre. Cette fois, on nous fait goûter le jus de canne. Très doux également, plus surprenant. Les gens se laissent prendre en photo avec le sourire. Nous n'avons malheureusement pas l'imprimante avec nous, mais nous demandons à notre guide s'il peut revenir un autre jour pour distribuer les versions papier de nos clichés. Il accepte volontiers, sûrement parce que cela lui permettra de se pourvoir en sucreries…










On fabrique de tout à Hsipaw. Nous passons successivement devant une mini-usine de vermicelles, que l'on voit sécher à l'air libre à l'extérieur du bâtiment au bord de la route, parfumé aux gaz d’échappement et à la poussière. Dedans, les nouilles prêts sont brièvement passées à la vapeur afin de pouvoir les plier et les emballer. Une étape réalisée à la vitesse de l'éclair par de jeunes hommes souriants, chacun s'occupant d'une manipulation avant de transmettre la marchandise au suivant. Un peu plus loin dans la rue, des hommes remplissent des sacs de feuilles de thé vert, en les écrasant bien avec les pieds! 





Nous finissons par rejoindre le fleuve. Après la traversée, nous profitons des derniers rayons du soleil sur la terrasse de l'hôtel, devant une bonne panachée. Puis nous engloutissons un souper revigorant, avant d'aller goûter un repos bien mérité.